CAS PRATIQUE : « Je suis sortie de ma séance d'épilation laser avec des brûlures » : retour sur un dossier du cabinet


L'épilation laser est aujourd'hui un acte très répandu. Il est souvent présenté comme simple, rapide et sans risque. Pourtant, lorsqu'il est mal réalisé, il peut provoquer des brûlures importantes, des cicatrices définitives et un véritable traumatisme psychologique.
Au cabinet, nous accompagnons régulièrement des victimes de complications après des actes de médecine ou de chirurgie esthétique. Voici le cas d'une cliente ayant subi des brûlures importantes à la suite d'une séance d'épilation laser.
L'épilation au laser, et la brûlure :
Notre cliente s'était rendue dans un centre d'épilation laser pour une séance qui devait être parfaitement banale.
À la fin de la séance, elle ressent immédiatement une douleur anormalement intense.
Dans les heures qui suivent, des rougeurs importantes apparaissent. Puis des cloques se forment.
Les jours suivants, les lésions évoluent vers des brûlures plus profondes avec des troubles pigmentaires persistants.
Au-delà de la douleur physique, elle n'ose plus porter certains vêtements ni s'exposer au regard des autres.
« Une brûlure après une épilation laser est-elle normale ? »
Non.
Il faut distinguer les effets secondaires habituels des véritables complications.
Après une séance, il est normal d'observer :
une légère rougeur ;
un échauffement transitoire ;
un petit œdème autour des follicules pileux.
En revanche, certaines manifestations doivent alerter :
des brûlures importantes ;
des cloques ;
des lésions profondes ;
une hyperpigmentation durable ;
une dépigmentation ;
des cicatrices.
Ces complications ne signifient pas automatiquement qu'une faute a été commise.
En revanche, elles justifient presque toujours une analyse approfondie des conditions dans lesquelles le laser a été utilisé.
Quelles erreurs recherchons-nous dans ce type de dossier ?
Chaque dossier est différent. Nous recherchons notamment si le professionnel a respecté toutes les précautions imposées avant la séance.
Nous sollicitons l'avis de notre médecin-conseil spéciliasée en médecine esthétique avec laquelle le Cabinet travaille régulièrement.
Elle répond à nos questions sur le dossier, par exemple :
le phototype de la peau a-t-il été correctement évalué ?
les paramètres du laser étaient-ils adaptés ?
la cliente avait-elle été récemment exposée au soleil ?
un traitement médicamenteux photosensibilisant était-il en cours ?
un test préalable était-il nécessaire ?
la personne qui réalisait l'acte disposait-elle des compétences requises ?
Nous analysons également l'information délivrée avant la séance.
Le professionnel doit expliquer les bénéfices attendus, mais aussi les risques connus de l'acte.
Cette obligation d'information est essentielle.
Sources :
Article L.1111-2 du Code de la santé publique.
Article L.1142-1 du Code de la santé publique lorsque l'acte relève d'une prise en charge médicale.
Comment travaillons-nous sur ce type de dossier ?
Comme dans tous les dossiers de responsabilité médicale ou esthétique, nous avons commencé par réunir l'ensemble des preuves.
Nous avons demandé :
le dossier de soins ;
la fiche de consentement signée ;
les paramètres utilisés lors de la séance ;
les photographies médicales lorsqu'elles existaient ;
les certificats médicaux ;
les ordonnances ;
les photographies prises par la cliente au fil de l'évolution des brûlures.
Nous avons également conseillé à notre cliente de consulter rapidement un médecin afin que les lésions soient médicalement constatées.
Ces premiers éléments sont souvent déterminants.
« Une expertise est-elle nécessaire ? »
Oui ! Comme toujours en matière de dommage corporel !
L'expertise permet de répondre à plusieurs questions essentielles :
les brûlures sont-elles bien imputables au laser ?
leur gravité était-elle prévisible ?
les réglages étaient-ils adaptés ?
le protocole a-t-il été correctement respecté ?
les séquelles sont-elles définitives ?
Au cabinet, nous préparons systématiquement cette expertise avec un médecin-conseil de victimes et avec la victime. Nous allons ensemble à l'expertise.
Cette préparation est essentielle pour défendre efficacement les intérêts de nos clients.
« Quel conseil donneriez-vous à une victime de brûlures après une épilation laser ? »
Le premier réflexe est de consulter rapidement un médecin.
Ensuite, il faut conserver toutes les preuves.
Je conseille également de photographier régulièrement l'évolution des lésions.
Enfin, il ne faut pas attendre plusieurs mois avant de demander conseil.
Plus le dossier est préparé tôt, plus il est facile de préserver les preuves et de défendre efficacement les droits de la victime.
Chaque dossier mérite une analyse individualisée.
Une brûlure après une épilation laser n'est pas toujours la conséquence d'une faute.
En revanche, lorsqu'un manquement est établi, la victime peut obtenir la réparation intégrale de ses préjudices.




Commentaires